Scénario carbone pour la filière forêt bois

Dans le cadre de l’élaboration de la Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat (SFEC) et dans le but de dialoguer de manière informée avec les autorités publiques, le secteur de la forêt et du bois a entrepris une analyse détaillée de l’ensemble de ses flux de matière (y compris les importations et les exportations, ainsi que le recyclage et la réutilisation). À partir de cette analyse, un scénario carbone commun pour l’avenir a été élaboré.

Scénario carbone couvrant les périodes 2030 – 2050

Avec le soutien du Cabinet Carbone 4, France Bois Forêt (FBF), le Comité professionnel de Développement des Industries Françaises de l’Ameublement et du Bois (CODIFAB), et l’Union Française des Industries des Cartons, Papiers et Celluloses (Copacel) ont présenté le 13 février 2024 un « scénario carbone » pour le secteur, couvrant les périodes 2030 et 2050. Cette étude, réalisée avec la participation de tous les acteurs de la filière, est la première du genre par son ampleur. Elle met en lumière le rôle crucial du secteur de la forêt et du bois dans la lutte contre le changement climatique, tant en termes d’adaptation que d’atténuation.

NP Rolpin, acteur majeur de la forêt des Landes

Malgré les défis posés par le changement climatique, la forêt et les produits dérivés du bois jouent un rôle crucial dans la lutte contre ce même changement climatique. La contribution de cette filière à la capture et au stockage du carbone se manifeste à la fois dans les forêts elles-mêmes et dans les produits du bois. Ces deux aspects doivent être activement exploités afin d’optimiser l’impact de la filière sur la neutralité carbone au niveau national.

Face aux impacts du changement climatique sur les forêts tels que le ralentissement de la croissance, le dépérissement, les attaques parasitaires et les incendies, le scénario envisagé dans cette étude se base sur une aggravation progressive de ces phénomènes jusqu’en 2050. L’adaptation des forêts françaises à ces changements climatiques devra être une priorité pour éviter une libération massive de carbone et préserver la biodiversité, impliquant une surveillance accrue de la santé des forêts, une gestion proactive des arbres dépérissants et un renouvellement forestier adapté aux conditions climatiques futures.

La décarbonation de l’économie française passera inévitablement par une utilisation accrue du bois

Pour continuer à s’attaquer au changement climatique et répondre aux attentes de la société, la filière forêt-bois doit adopter une approche proactive. Atteindre la neutralité carbone nécessitera des changements de comportement de la part de la société. Le scénario de « sobriété » proposé dans cette étude implique des adaptations à tous les niveaux de la filière pour répondre à la demande sociale croissante.

La décarbonation de l’économie française passera inévitablement par une utilisation accrue du bois. Une augmentation progressive et mesurée de la récolte annuelle (+10 Mm3 d’ici 2035) nécessitera une mobilisation de toutes les forêts, en accord avec les objectifs d’adaptation au changement climatique. Cela exigera également une expansion des capacités de transformation du bois et une amélioration de l’attractivité économique des activités forestières.

Le scénario carbone induit une gestion forestière raisonnée, amplifiée

La gestion forestière devra s’adapter à la variabilité probable des récoltes induite par les crises climatiques, en mettant l’accent sur la valorisation agile des bois touchés. Pour répondre aux différents marchés, il faudra articuler la ressource bois autour des utilisations en tant que matériau de construction et pour l’ameublement, tout en favorisant le réemploi et le recyclage des produits en fin de vie. Cela nécessitera des investissements dans l’innovation et les infrastructures industrielles.

Une gestion efficace des flux de la filière sera essentielle pour maintenir l’équilibre entre les différents marchés. Une priorité stricte devra être accordée aux usages du bois autres que l’énergie afin de renforcer la compétitivité des industries de transformation du bois, essentielles pour le stockage du carbone. L’utilisation du bois comme source d’énergie devra être dirigée principalement vers l’autoconsommation de la filière, entraînant un doublement de la consommation prévue à cet effet d’ici 2050 par rapport à 2019.

Enfin, pour atteindre une neutralité carbone globale et renforcer la souveraineté nationale, il sera nécessaire d’accélérer la relocalisation des approvisionnements en bois en France.

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